Tanger: Rencontre régionale sur la stratégie « Génération Green »

Tanger – La stratégie « Génération Green » a été au centre d’une rencontre régionale organisée, mardi à Tanger, par la Chambre d’Agriculture de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

S’exprimant à cette occasion, le président de la Chambre régionale d’Agriculture, Abdeslam Biari, a souligné que la thématique choisie pour cette rencontre concerne l’élément humain et sa place dans le cadre de cette stratégie.

Pour sa part, le directeur de la Chambre régionale d’Agriculture, Hassan Titoua, a indiqué que le monde doit faire face à d’importants défis tant en matière de rareté ou de cherté des intrants que du déficit des précipitations, notant qu’à ces risques s’ajoute un autre phénomène, qui est celui de l’augmentation des températures avec leur lot de désagréments, comme les incendies de forêt.

De son côté, Marwane Alitane, chef de service à la Direction régionale de l’Agriculture (DRA), a relevé qu’en matière d’irrigation, 23.000 hectares ont été modernisés et le goutte-à-goutte a concerné 33.000 hectares, alors que la petite et moyenne hydraulique a concerné 10.000 hectares.

A cela s’ajoute la mise en place de filières de valorisation, comme la plantation de 94.000 hectares d’arbres fruitiers, entre autres projets dans le cadre du plan Maroc Vert, a noté M. Alitane, faisant savoir que l’investissement global a atteint 13 milliards de dirhams (MMDH) avec la création de 12 millions de journées de travail, tandis que le chiffre d’affaires de la filière agricole est passé de 7 à 11 MMDH.

Le responsable a rappelé que la stratégie « Génération Green 2020-2030 » s’appuie sur deux piliers, visant à donner la priorité à l’élément humain et à assurer la poursuite de la dynamique agricole, soulignant que l’un des objectifs de cette nouvelle stratégie est la création d’une nouvelle génération d’agriculteurs de classe moyenne et de jeunes entrepreneurs agricoles, à travers l’amélioration des revenus et la réduction des différences en la matière avec les autres secteurs.

Cette stratégie ambitionne également de mettre en place une agriculture résiliente face aux aléas climatiques et d’investir dans les énergies renouvelables, en misant sur le photovoltaïque pour le pompage avec pour objectif d’atteindre 20% de la superficie irriguée, a-t-il ajouté.

En matière de conseil agricole, l’objectif est de booster les actions en passant de 65 conseillers actuellement à 469 à l’horizon 2030, selon la Direction régionale du Conseil agricole (DRCA).

« En plus des actions sur le terrain, une initiative en matière de digitalisation des services a été lancée avec divers outils », a fait savoir Larbi Boutaha, responsable à la DRCA, relevant qu’il s’agit de la mise en place d’un centre d’appels et d’une plateforme interactive sur le web baptisée « Ardna », ainsi que d’un réseau social dédié aux agriculteurs « FaceAgri ».

En matière d’innovation agricole, l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) a présenté la technique du semis direct, une technique révolutionnaire qui permet d’augmenter les rendements, tout en « protégeant les terres de l’érosion et en conservant l’eau », a assuré Badr Hajjaj, chercheur à l’INRA.

Il s’agit d’une technique peu contraignante mais qui nécessite plusieurs prérequis, comme l’utilisation d’un semoir, a précisé M. Hajjaj, notant que les rendements sont au rendez-vous et peuvent atteindre 100% par rapport au labour traditionnel, même en situation de sécheresse.

« Actuellement, les superficies semées avec cette technique s’élèvent à 50.000 hectares, l’objectif est d’atteindre un million d’hectares à l’horizon 2030 », a précisé le chercheur, relevant qu’au niveau de la région, l’objectif est d’atteindre les 130.000 hectares.

M. Hajjaj a, à cet égard, mis en avant l’expérience accumulée par le Maroc en la matière, avec la conception d’un semoir à 100% marocain.

Pour accompagner les entreprises agricoles, notamment les petites entreprises, des simplifications ont été mises en place par l’ONSSA pour la délivrance des autorisations sanitaires.

Le directeur régional de l’Office, Hicham Hassani, a souligné que le nombre d’autorisations a augmenté de manière considérable lors des dernières années, passant de 7 pour le secteur animal en 2013 à 450 en 2020.

Pour le secteur végétal, le nombre d’autorisations a connu une augmentation plus accentuée passant de 4 en 2016 à 1.000 en 2020, a-t-il relevé.

Quant à Ismail Alaoui Abdellah, de l’Agence du Bassin hydraulique du Loukkos (ABHL), il a indiqué que la moyenne des précipitations dans le périmètre du bassin hydraulique du Loukkos atteint les 600 mm en moyenne en temps normal, avec un maximum de 1.400 mm et un minimum de 300 mm, relevant que le taux de remplissage des barrages atteint actuellement 38%, en nette baisse par rapport aux années précédentes.