Tanger à l’heure des Assises régionales du PACTE ESRI 2030

 Les travaux des Assises régionales de Tanger-Tétouan-Al Hoceima du Plan national d’accélération de la transformation de l’écosystème de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation (PACTE ESRI 2030), se sont tenus, samedi à la Faculté de médecine et de pharmacie de Tanger.

Ces Assises, dont les trois premières étapes se sont déroulées au niveau des régions de Béni Mellal-Khénifra, Souss-Massa et de l’Oriental, s’inscrivent dans le cadre d’une démarche de co-construction du PACTE ESRI 2030, qui vise à doter le Royaume d’une université rénovée, durable et adaptée aux besoins des étudiants et des territoires.

S’exprimant à cette occasion, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, Abdellatif Miraoui, a souligné que ces Assises sont le couronnement de plusieurs rencontres d’écoute et de consultation qui se sont tenues avec la participation des différents acteurs de la région (collectivités territoriales, acteurs socio-économiques et de la société civile), notant que cette rencontre constitue l’occasion de mettre en avant le rôle crucial que peut jouer l’université en matière de mobilisation des potentialités de la région et de valorisation de ses ressources au service des objectifs d’un développement global et durable.

Le ministre a, à cet égard, indiqué que ce rôle renouvelé de l’université tire son essence des recommandations du Nouveau Modèle de développement et s’appuie sur les priorités fixées dans le cadre du programme gouvernemental, notamment dans son volet lié à la valorisation du capital humain, en tant que pilier fondamental pour promouvoir le progrès et la prospérité du pays, sous la conduite éclairée de SM le Roi Mohammed VI, en félicitant l’ensemble des acteurs concernés pour leurs précieuses contributions en vue d’enrichir le débat et de réussir cette importante échéance consultative.

Il a précisé que l’accélération du rythme du processus de développement économique, social, culturel et environnemental reste tributaire de l’implication effective de l’université pour accompagner les mutations structurelles et transformer les défis qui s’imposent en opportunités prometteuses de croissance, relevant que l’objectif recherché, à travers le PACTE ESRI, est d’établir un nouveau modèle universitaire axé sur une l’excellence académique à travers une réforme pédagogique globale et intégrée depuis la 1ére année jusqu’au doctorat.

Il est question aussi, a-t-il poursuivi, de la promotion de la recherche scientifique selon les priorités nationales et les standards internationaux, et du renforcement de la gouvernance des établissements d’enseignement supérieur et de la mise en place d’un écosystème performant, mettant en avant le rôle de premier plan joué par l’université dans le domaine du développement régional.

La consécration d’un nouveau modèle universitaire demeure tributaire de la mise en place de pôles universitaires aux standards internationaux qui offrent un cadre propice à l’excellence et au développement des compétences des étudiants, a insisté le ministre, soulignant le rôle de premier plan joué par l’université dans le domaine du développement régional.

Le modèle de l’Université de demain nécessite davantage d’ouverture du système de l’enseignement supérieur sur son environnement local et régional, a fait observer le ministre, relevant l’importance d’asseoir des partenariats de nouvelle génération entre l’université, la région, et le tissu socio-économique, afin d’assurer une mobilisation globale des potentialités des territoires, d’améliorer la gouvernance des établissements universitaires et de renforcer leur efficacité.

Pour sa part, le président de l’Université Abdelmalek Essaâdi (UAE), Bouchta El Moumni, a indiqué que ces assises sont l’aboutissement de quelque 68 rencontres d’écoute et de consultation qui se sont tenues avec la participation de plus de 1.181 acteurs des différents domaines académiques, économiques et sociaux, soulignant que l’université, eu égard à la dynamique que connaît la région TTA, est appelée, aujourd’hui plus que jamais, à répondre aux aspirations de la région, à travers une offre de formation riche, diversifiée et adaptée aux exigences du secteur industriel (aéronautique, automobile, textile, logistique, pharmacie et médecine, énergies renouvelables… ).

Il a considéré que l’activation du rôle de l’université dans les domaines de la formation et de la recherche passe par la réalisation de la convergence entre les différents programmes nationaux, faisant savoir que l’université, qui compte 1.335 professeurs, œuvre à surmonter les contraintes existantes, améliorer le positionnement de l’université et sa présence scientifique et pédagogique, et à accompagner le développement économique que connait la région, à travers la multiplication des filières de formation, le renforcement des compétences des étudiants et la promotion de la digitalisation.

De son côté, le  président du Conseil régional, Omar Moro, a réitéré l’engagement de la région, et des autres responsables territoriaux, à accompagner l’UAE dans ses chantiers, en tant que partenaire stratégique, afin de construire ses structures, établir des formations professionnelles et pratiques, réaliser des recherches appliquées, et mettre en place des pôles et plateformes numériques aux standards internationaux, mettant l’accent sur le partenariat établi entre la région et l’université, visant la formulation de plusieurs projets communs et la contribution à l’élaboration du programme de développement régional.

« Nous comptons énormément sur l’université pour accroître la compétitivité du territoire et de l’économie de la région, à travers la recherche et l’innovation », a-t-il lancé, notant que la formation des compétences, la digitalisation et l’ouverture aux cultures et langues du monde entier constituent l’une des clés de l’insertion dans le monde de l’économie et de la connaissance, un défi majeur que l’université de demain doit relever.

Cet événement s’est déroulé en présence notamment du gouverneur de la province de Fahs-Anjra, Abdelkhalek Marzouki, du président de l’Association marocaine des présidents des Conseils communaux (AMPCC), et maire de Tanger, Mounir Laymouri, de parlementaires représentant la région, du DG de l’Agence pour la promotion et le développement du Nord (APDN), Mounir El Bouyoussfi, du directeur du Centre régional d’investissement (CRI-TTA), Jalal Benhayoun, de doyens des facultés relevant de l’UAE, d’universitaires, de représentants des services extérieurs, et d’acteurs économiques et de la société civile.

Il est à noter que dans le cadre du Pacte ESRI 2030 et en s’alignant aux orientations stratégiques du Nouveau modèle de développement (NMD), présenté à SM le Roi Mohammed VI, l’UAE a tenu une série de sessions d’écoute et de consultation avec les différents acteurs internes et externes au niveau de la région TTA

Ces sessions ont ouvert la voie à toutes les composantes universitaires et aux acteurs institutionnels et socioéconomiques, pour exposer leurs propositions et perceptions visant à instaurer un nouveau modèle universitaire innovant, basé sur une réforme académique globale et sur une recherche scientifique innovante alignée aux normes internationales ainsi qu’une gouvernance efficace et efficiente.

Ces assises, organisées par l’UAE, visent à mobiliser l’ensemble des acteurs universitaires autour d’une vision commune en vue d’établir ce nouveau modèle universitaire, ainsi qu’à présenter et discuter des résultats des sessions consultatives impliquant l’ensemble des acteurs de la région, ainsi que les étudiants, les enseignants chercheurs et les cadres administratifs et techniques de l’université.

Dans une approche participative instaurée par le ministère et afin d’inclure l’ensemble des propositions consolidées dans le rapport général objet de l’assise nationale, cette rencontre est marquée par la tenue de quatre tables rondes autour des thème « Inclusion territoriale et développement intégré », « Inclusion économique et compétitivité », « Inclusion sociale et durable » et « Excellence académique et scientifique ».

Ces tables rondes ont pour objectif de présenter et discuter les résultats des sessions consultatives tenues en amont, et portant principalement sur le développement de l’université marocaine, notamment sur son harmonisation avec ses ressources humaines et son environnement socio-économique afin de bâtir un système universitaire cohérent constituant une partie intégrante de son territoire régional et national.