Moussem d’Assilah: la réalisation d’une transition démocratique fluide dans le monde passe par la garantie du pluralisme politique

Des politiciens et des analystes ont affirmé, jeudi, lors du deuxième colloque de la session d’automne du Moussem culturel international d’Assilah, que la réalisation d’une transition démocratique fluide dans les différents pays du monde passe par la garantie des bases des droits de l’Homme, du pluralisme politique et du dialogue global.

Lors du colloque « Quel avenir pour la démocratie électorale? », qui s’inscrit dans le cadre des travaux du 42ème Moussem culturel international d’Assilah et de la 35ème édition de l’Université ouverte Al-Mouatamid Ibn Abbad, placés sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, les intervenants ont souligné que le monde vit au rythme de transformations politiques, démocratiques et conceptuelles profondes, à la lumière de conditions sanitaires exceptionnelles, de changements économiques importants et de l’émergence d’idéologies et de discours inhabituels, ce qui oblige les pays du monde à établir de nouvelles approches garantissant aux sociétés les bases des droits humains, le pluralisme politique et culturel, et le dialogue global.

Les participants ont assuré que le renforcement de l’édification démocratique dans les différents pays du monde, y compris les pays classés parmi les démocraties séculaires, nécessite de nouvelles approches politiques fondées principalement sur les valeurs universelles nobles, et de placer les questions sociales au cœur de la transformation démocratique, notant que le monde entier vit au rythme d’une période de transition démocratique, influencée par le volet social et les répercussions de la pandémie sur la réalité politique et économique et sur des approches, qui étaient considérées, jusque-là, comme des postulats démocratiques auxquels les sociétés se sont habituées depuis des décennies.

Ils ont relevé que le domaine de la politique dans le monde connait la montée en puissance des courants de droite et l’émergence de phénomènes politiques et sociaux qui étaient jusque-là considérés comme « anormaux » avant de se transformer en fléaux affectant la société comme dans l’opération démocratique en sa globalité, et constituent un élément dangereux qui entrave le processus démocratique et son développement dans de nombreux pays, notant que la situation politique et sociale avancée dans certains pays a contribué même au bouleversement des classifications idéologiques et politiques auxquelles le monde était habitué.

Les interventions ont estimé que la similitude des questions politiques, sociales et économiques posées actuellement dans de nombreux pays du monde nécessite d’ouvrir un débat international collectif et un dialogue constructif, à même d’éviter de saper les efforts déployés pour accélérer l’édification démocratique, comme cela se passe dans certains pays du Maghreb arabe, et de se concentrer sur l’adoption d’approches de développement renouvelées et d’un nouvel ordre économique, pour accompagner les développements que connait le monde et assurer l’unité de la prise de décision mondiale dans toutes les questions socio-économiques et politiques cruciales.

Les experts ont, par ailleurs, souligné l’impératif d’attirer les jeunes élites politiques et culturelles, notamment pour travailler au sein des institutions démocratiques, redonner confiance à la société dans les institutions démocratiques représentatives, assurer la délibération démocratique et le pluralisme politique, social et culturel, et renoncer aux conflits ethniques et les résoudre à travers des mécanismes de dialogue.

Ils ont conclu que le monde est obligé d’adopter « un nouveau contrat politique démocratique qui ne rompt pas avec les expériences réussies antérieures, mais les développe et rétablit la confiance de toutes les catégories de la société en l’efficacité de la participation politique et de la contribution à la gestion des affaires publiques », tout en garantissant les libertés publiques, les droits communautaires, la délibération démocratique et la séparation des pouvoirs, et en tenant compte des spécificités culturelles, ethniques et religieuses des pays.

Cet événement sera marqué par l’organisation de quatre autres colloques traitant des questions géopolitiques actuelles et d’activités artistiques et culturelles.

Il s’agit de colloques sous les thèmes « Les Arabes et les nouvelles mutations régionales et internationales : où va le panarabisme? » (8-10 novembre), et « Cheikh Zayed: la vision d’un leader éclairé » (12-13 novembre), ainsi que d’une conférence-hommage au vétéran de la presse marocaine, Mohamed Brini (11 novembre) et de la deuxième rencontre poétique « Langage de la poésie arabe aujourd’hui » (16-17 novembre).