Moussem d’Assilah: Des experts analysent l’avenir de l’ordre mondial après la guerre d’Ukraine

Assilah – Des experts et politiciens marocains et étrangers ont analysé, jeudi à Assilah, l’avenir de l’ordre mondial après la guerre d’Ukraine.

Les intervenants à un colloque sous le thème « Quel ordre mondial après la guerre d’Ukraine? », organisé dans le cadre de la 43ème édition du Moussem culturel international d’Assilah, ont abordé les préoccupations du monde entier sur les mutations majeures qui détermineront la nature et l’essence de l’ordre mondial, qui s’est formé après la fin de la seconde guerre mondiale, et les données politiques, stratégiques et économiques qui affectent ces transformations profondes.

Ils se sont arrêtés sur les mutations du nouvel ordre mondial suite au déclenchement de l’actuelle guerre d’Ukraine, à travers quatre axes majeurs, liés à « l’ordre mondial et les défis posés par les conflits armés en Europe », « les dimensions et arrière-plans idéologiques du conflit international actuel », « l’impact de la guerre en Ukraine et l’ordre mondial dans les pays du Sud » et « les mutations survenant au sein de l’ordre mondial et l’idée de multipolarité ».

Dans une allocution donnée à la presse, le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a souligné que le thème de ce colloque appelle chacun à anticiper les conséquences de la crise mondiale actuelle, en analysant sa gravité et ses multiples dimensions, notant que cette situation oblige à s’interroger sur l’avenir de l’ordre mondial après la guerre d’Ukraine.

Le ministre a estimé que la guerre Ukraine-Russie est devenue une interface pour des conflits internationaux qui détermineront le nouvel ordre mondial, soulignant que le monde entier traverse un moment historique sans précédent, et face à cette guerre le tiers-monde est en train de compter ses pertes économiques et lorgne la fin de cette guerre aux perspectives inconnues.

« Dès le déclenchement de la crise ukrainienne, le Maroc, dont l’Europe et les Etats Unis sont des partenaires stratégiques et historiques, a adopté une position claire et constante basée sur deux principes fondamentaux : le soutien à l’intégrité territoriale, de la souveraineté et de l’unité nationale de tous les États membres de l’ONU, et la préférence des modes pacifiques de résolution de conflits », a fait savoir M. Ouahbi.

Le ministre a conclu que le monde est entrainé dans l’inconnu, à cause d’une guerre multilatérale aux dimensions multiples et aux résultats inconnus, et entre dans une nouvelle phase loin des slogans de rejet de l’hégémonie et de respect de la légitimité, ou même de la libération de l’Homme.

Pour sa part, le secrétaire général de la Fondation du Forum d’Assilah, Mohamed Benaissa, a indiqué ce colloque vise à s’arrêter de plus près sur les mutations du nouvel ordre mondial suite au déclenchement de l’actuelle guerre d’Ukraine et à entrevoir les contours de l’horizon politique, sécuritaire et économique, suite aux développements de cette guerre et ses répercussions sur le monde arabe.

M. Benaissa a souligné que le monde assiste, depuis le déclenchement de la guerre d’Ukraine, à un débat politique et stratégique intense et complexe touchant à la nature des mutations majeures qui auront à déterminer la qualité et l’essence du système international qui s’est constitué après la fin de la guerre froide, relevant que parmi ces mutations figure l’émergence d’une nouvelle équation de polarisation intense entre, d’une part, les États-Unis d’Amérique et l’Europe occidentale, et d’autre part la Russie et les alliés de son espace d’influence immédiat, ainsi que les parties internationales la soutenant.

Cette situation, a-t-il poursuivi, a contribué à l’émergence au sein des pays du Sud d’un large courant de neutralité et de réserve à l’égard de la guerre d’Ukraine, en particulier les pays arabes et africains, soucieux d’adopter une attitude équilibrée et prudente vis-à-vis du nouveau conflit international.

Les intervenants ont souligné que plusieurs pays arabes ont adopté une position neutre, tout en exprimant leur position de manière claire et pragmatique par rapport à la situation actuelle, ce qui pourra contribuer à renforcer leur position dans la carte géostratégique mondiale, notant que de nombreux pays du monde arabe disposent des potentialités économiques et politiques leur permettant devenir des pays influents sur la scène internationale, bien que cela semble difficile à réaliser.

Ils ont, à cet égard, relevé que tous les pays sont appelés à contribuer à assurer l’influence positive des organisations internationales et régionales et à repenser leur mode de fonctionnement et d’intervention selon de nouvelles approches, soulignant que le monde arabe doit défendre ses intérêts, et qu’il n’est pas nécessaire que ses partenariats et alliances soient similaires aux alliances traditionnelles.

Cette édition du Moussem, qui se tient du 16 octobre au 05 novembre, sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, à l’initiative de la Fondation du Forum d’Assilah, en partenariat avec le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication (département de la Culture) et la commune d’Assilah, est marquée par l’organisation de sept colloques dans le cadre de la 36ème édition de l’Université ouverte Al-Mu’tamid Ibn Abbad et d’activités artistiques et culturelles.