Le Dialogue national de l’urbanisme et de l’habitat vise l’élaboration d’une nouvelle feuille de route en matière de l’urbanisme et de l’habitat

La ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, Fatima Ezzahra El Mansouri a indiqué que le Dialogue national de l’urbanisme et de l’habitat, lancé le 16 septembre, vise à élaborer une nouvelle feuille de route portant sur les domaines de l’urbanisme et de l’habitat.

Dans un entretien accordé à la MAP, la ministre a expliqué que l’objectif principal de ce Dialogue national, qui bénéficie du Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, porte sur “l’élaboration d’une nouvelle feuille de route dans les domaines de l’urbanisme et de l’habitat, à la lumière des recommandations et propositions qui seront formulées lors des différentes réunions de concertation au niveaux national et régional”.

Cette feuille de route, poursuit Mme El Mansouri, vise à contribuer à la mise en œuvre du Nouveau modèle de développement et à l’établissement d’un cadre de référence national pour un développement urbain juste et durable, et prévoit également de proposer une offre de logements prenant en compte les exigences sociales, économiques et spatiales, ainsi que de préparer un programme renouvelé d’appui dans le but de développer des espaces ruraux urbains inclusifs et résilients.

Le secteur de l’urbanisme et de l’habitat a fait un saut qualitatif au cours des deux dernières décennies et a réalisé de grands acquis, mais il fait encore face à de nombreux paradoxes, considère la ministre, ajoutant qu’il ne faut pas percevoir ce secteur sous un angle uniquement technique, mais plutôt comme un secteur multidimensionnel économiquement, socialement et culturellement, en ce sens qu’il constitue une locomotive pour stimuler l’économie, relancer l’investissement et créer de l’emploi. Ce secteur contribue également à l’amélioration des conditions de vie des citoyennes et des citoyens.

S’agissant du contexte général, elle a affirmé que l’organisation de ce Dialogue intervient en application des orientations royales qui appellent à la nécessité de lancer une réflexion et un débat publics sur l’importance de la coordination dans l’élaboration des politiques publiques, et de favoriser la convergence entre les différentes interventions sectorielles, en vue de réaliser le développement, tous domaines confondus, et réduire les disparités spatiales, économiques et sociales.

De même, l’organisation de ce Dialogue national s’inscrit dans le cadre de la philosophie du Nouveau modèle de développement qui recommandait une approche commune et de l’adoption d’une nouvelle vision de l’urbanisme et de l’habitat. Le Dialogue, a-t-elle noté, se veut également une illustration de la méthodologie du gouvernement dans la mise en œuvre de son programme, qui repose sur trois axes, à savoir le renforcement des piliers sociaux de l’État, l’accompagnement de la transformation de l’économie nationale pour encourager l’investissement et créer de l’emploi en sus du renforcement de la gouvernance.

Et d’ajouter que “l’initiative du ministère de lancer un Dialogue national de l’urbanisme et de l’habitat vient créer une rupture avec des approches qui ont fait preuve de leurs manques, en matière du paysage général et de qualité architecturale de nos espaces ou encore au niveau de la gestion, notamment en ce qui concerne les contraintes liées à la bureaucratie, la multiplicité des intervenants et la désuétude des textes juridiques”.

Quant aux principaux axés devant être traités lors de ce Dialogue, Mme El Mansouri a cité quatre grands axes à savoir la planification et la gouvernance, l’offre de logements, l’accompagnement du monde rural et la réduction des disparités spatiales, ainsi que l’amélioration du paysage urbain et du cadre bâti.

S’agissant de l’atelier thématique sur la planification et la gouvernance, la ministre a souligné qu’elle vise à formuler des recommandations tangibles qui contribueraient à mettre en œuvre des politiques publiques qui devraient améliorer les conditions de vie de la population, encourager les investissements, créer des opportunités d’emploi et rapprocher l’administration des citoyens.

Pour l’atelier d’amélioration du paysage urbain et du cadre bâti, elle a relevé que les différentes discussions qui seront engagées lors de cet atelier devraient déboucher sur des réponses adéquates concernant les nouvelles orientations, les approches préventives et correctives à adopter pour renforcer la valorisation du patrimoine national, assurer la qualité, la durabilité et l’attractivité des territoires et améliorer les conditions de vie des citoyens.

De son côté, le troisième atelier devrait examiner l’offre de logement marquée par un nouveau contexte à savoir l’achèvement du contrat des programmes de logements sociaux, outre la hausse des prix des matériaux de construction et les attentes renouvelées des ménages.

Dans ce cadre, la ministre a insisté sur la nécessité de répondre aux besoins exprimés en la matière et présenter des prix de vente adaptés au pouvoir d’achat des familles.

Pour ce qui est de l’atelier du soutien du monde rural et réduction des disparités spatiales, Mme EL Mansouri a précisé que les zones urbaines sont aujourd’hui des espaces de vie pour près des deux tiers de la population dans 365 villes et centres urbains. Ce taux devrait atteindre environ 75% d’ici 2030 et contribuera à 75% du Produit intérieur brut et 70% des investissements et employer 43% de la population active dans un territoire qui ne dépasse pas 2% du total de la superficie du pays.

Dans ce contexte, a-t-elle assuré, l’État œuvre à renforcer les villes intermédiaires, qui regroupent 5,7 millions de personnes dans une soixantaine de villes, pour gagner le pari de redistribuer les systèmes économiques formés par les grandes villes, et alléger les charges qui pèsent sur elles. S’agissant des petites villes de moins de 50.000 habitants, et regroupant ensemble près de 4 millions d’habitants, elles sont présentées comme un élément d’équilibre pour réduire les écarts entre les zones rurales et urbaines.

Le but aujourd’hui est de trouver des solutions pour réduire les disparités spatiales et surmonter les contraintes de développement structurel du système urbain, a-t-elle conclu.