La cybersécurité en santé au centre d’une rencontre à Tanger

La cybersécurité en santé a été au centre d’une journée d’étude organisée, mercredi à Tanger, par le Centre hospitalier universitaire de Tanger Tétouan-Al Hoceima (CHU-TTA).

Organisée en partenariat avec la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP) et l’Association Cyber security & privacy forum (CSPF), cette rencontre, tenue à la Faculté de médecine et de pharmacie, sous le thème « Hôpital 0 papiers mais pas 0 risques », a été l’occasion de mettre l’accent sur l’importance de la digitalisation au CHU-TTA et de la cybersécurité, qui constitue un enjeu majeur pour les organisations.

Elle a permis également de débattre des contraintes réglementaires et normatives relatives à la sécurité de l’information dans le secteur de la santé.

S’exprimant à cette occasion, le directeur du CHU-TTA, Mhamed Harif, a souligné l’importance de cette journée qui vise à débattre de la sécurité des données dans le secteur de la santé et à partager les expériences et les bonnes pratiques en la matière entre les acteurs du domaine.

« Les données de santé figurent parmi les cibles potentiels de cyberattaques », a-t-il fait savoir, ajoutant « nous voulons que nos organisations, en particulier le CHU-TTA et les autres CHU du Maroc, soient armés, préparés et organisés pour relever les défis liés à la cybersécurité.


Après avoir mis l’accent sur l’importance de la protection des données à caractère personnel dans le secteur de la santé, le responsable a souligné la nécessité de renforcer la culture de la protection de ces données et de développer l’expertise dans ce domaine.

Pour sa part, le président de la CNDP, Omar Seghrouchni, a tenu à clarifier les interactions positives entre la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel, évoquant le sujet du cloud pour les systèmes d’information de santé.

« La CNDP veille à maintenir la continuité juridique. Il est difficile d’accepter qu’un maillon de la chaîne de traitement des données ne soit pas aligné à la loi marocaine ou à une loi internationale reconnue au Maroc », a dit M. Seghrouchni, notant que la Commission est arrivée à un accord avec l’un des géants du web.

De son côté, Sekkat Salma, chef de service de technologie de l’information (STI) au sein du CHU-TTA, a présenté un exposé sous le thème « la digitalisation au CHU-TTA, pourquoi un hôpital digital? », dans lequel elle a précisé que l’hôpital numérique fournit des services à l’intérieur et à l’extérieur des hôpitaux, passant d’une prestation de soins en établissement à un réseau virtuel intelligent de soins centrés sur le patient, intégrés dans la continuité des soins de santé.

« L’enjeu central de la numérisation du système de santé est d’apporter une réponse adaptée et sécurisée à la demande de soins de la population dans un contexte économique tournée dorénavant vers l’efficience », a fait observer Mme Sekkat, notant que parmi les impacts positifs de la e-santé figurent l’accès élevé aux soins (y compris dans les territoires isolés et/ou sous médicalisés), l’amélioration de la qualité de la prise en charge des patients et de leurs parcours, le renforcement et la simplification des relations médecins et patients, l’accélération du parcours de soins, la collaboration entre les différents intervenants et le décloisonnement des connaissances.

La responsable a assuré que la digitalisation aide au diagnostic et à l’interprétation de l’image, en facilitant la tâche des radiologues et en accélérant la production de rapports, ce qui permet par la suite de sélectionner les patients selon l’urgence de leur situation personnelle, estimant que la réussite de la e-santé passe par l’établissement d’une politique intégrée de la santé digitale pour le pays, le déploiement d’un système d’information sanitaire national global, interfacé et interopérable, et la formulation d’une politique et une stratégie nationales de cybersanté, en plus de favoriser l’émergence de compétences nationales en e-santé.

Cette journée scientifique, qui s’est déroulée en présence notamment d’universitaires, de professionnels de santé, de représentants du ministère de la Santé et de la protection sociale, et des CHU de Fès, Marrakech, Agadir, Casablanca et de Rabat, a été marquée par des débats sur la normalisation et les réglementations liées à la cybersécurité, les entrepôts de données de santé, le processus de certification cyber ISO027001 des CHU, et les mécanismes à adopter pour la consolidation et l’optimisation des investissements en cybersécurité, dans le cadre de l’alliance des directions des systèmes d’information (DSI) des CHU.