Enseignement supérieur: Lancement à Tanger du programme « Le Droit par l’Art »

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation a lancé, jeudi à Tanger, le programme « Le Droit par l’Art » destiné aux jeunes, qui vise à renforcer l’ancrage de l’université marocaine à son environnement économique et socioculturel.

Ce programme, lancé en présence du ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, Abdellatif Miraoui, en marge des Journées scientifiques sur le patrimoine bâti, sous le thème « le patrimoine bâti: entre la force du droit et la fragilité de l’art », ambitionne de renforcer l’ouverture de l’université sur son environnement, à travers la création d’un espace de débat et de dialogue sur les questions liées au droit, qui intéressent la vie quotidienne du citoyen.

S’exprimant à cette occasion, M. Miraoui a souligné que ce Programme tire sa substance du rôle de l’université en tant que haut lieu de savoir et de transmission des valeurs sociétales, qui constituent le socle du lien social et du vivre ensemble, notant que ces valeurs sont devenues importantes aujourd’hui partout dans le monde, au vu des transformations profondes que nous vivons sur tous les plans.

« Ce programme émane aussi d’une conviction du ministère, selon laquelle les expressions culturelles et artistiques ont cette force de porter des messages sociétaux forts à l’adresse d’une population large et diversifiée », a fait savoir le ministre, relevant que le langage artistique dans ses multiples affluents permet, grâce à sa portée créative et inventive, de disséminer et de fédérer les acteurs autour de questions prioritaires qu’elles soient d’ordre juridique, économique et environnemental ou encore sur des dimensions sociétales se rapportant, entre autres, aux questions de genre ou à celles liées à l’identité nationale.

M. Miraoui a, à cet égard, affirmé que ce programme s’inscrit dans le cadre de la mise en oeuvre des Hautes orientations royales, qui appellent à la valorisation du capital humain, et en cohérence avec le nouveau modèle pédagogique prôné par le Plan d’accélération de la transformation de l’écosystème de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation (PACTE ESRI 2030), où les compétences transversales (éducation à l’art, à la culture, au civisme et à la citoyenneté, ainsi que la connaissance de l’histoire et du patrimoine matériel et immatériel du pays…) important au même titre que les compétences disciplinaires et linguistiques.

« Nous avons considéré opportun de créer des espaces de débats, comme celui d’aujourd’hui, pour réunir autour de la table une pluralité d’acteurs et parties prenantes concernées », a-t-il relevé, saluant le choix du thème du patrimoine bâti, qui est examiné sous un double prisme: la force du droit et la fragilité de l’art (pas dans le sens de la vulnérabilité mais celui de la finesse et la délicatesse de l’art).

Pour sa part, le président de l’Université Abdelmalek Essaâdi, Bouchta El Moumni, a indiqué que ce programme vise à mettre l’accent les principes fondamentaux du droit, à travers les différentes expressions culturelles et artistiques dans la perspective de créer un cadre approprié pour renforcer l’ouverture de l’université et ouvrir le débat sur les questions stratégiques, à travers l’établissement d’une relation interactive entre le droit et la vie quotidienne des citoyens.

Il a souligné que cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une série de manifestations organisées avec le concours de l’université, dans le sillage de son engagement au relèvement des défis régionaux et nationaux, en plus d’événements artistiques et culturels (Festival international du théâtre universitaire, Festival de Tanger des arts de la scène, Festival des écoles de cinéma de Tétouan…).

De son côté, Mohamed El Yamlahi Ouazzani, du comité d’organisation, a souligné que ces journées scientifiques, qui connaissent la participation d’un parterre d’universitaires, d’archéologues, d’architectes, d’artistes et d’intellectuels, visent à débattre de la question du « patrimoine bâti: entre la force du droit et la fragilité de l’art », en vue d’examiner la présence des deux questions dans l’identité marocaine.

Au programme de ces journées figurent des tables rondes sous les thèmes « Etat des lieux du patrimoine bâti », « contraintes urbanistiques et juridiques », « le partenariat constructif », et « dimension esthétique: l’imaginaire et la ville », ainsi que des communications d’universitaires, d’architectes, d’écrivains et de chercheurs.